Iran : un crime contre l’humanité et la fuite en avant d’un régime en fin de cycle
Lorsqu’un régime n’est plus en mesure de gouverner, il peut basculer dans une autre logique: celle du crime contre l’humanité. C’est dans ce cadre que s’inscrit aujourd’hui le pouvoir iranien, engagé dans une fuite autoritaire marquée par des violations systématiques et massives, à mesure que sa légitimité populaire s’effrite.
Historiquement fondé sur une mobilisation idéologique et religieuse, le régime des mollahs ne se maintient désormais plus que par la peur, l’appareil sécuritaire et la censure. En effet, face aux manifestations, la réponse du pouvoir est systématique et brutale. Les autorités accusent les protestataires d’être manipulés par l’étranger (notamment les États-Unis et l’Israël), afin de délégitimer les contestations sociales. Cette rhétorique conspirationniste constitue un cadre justificatif à l’usage d’une violence étatique extrême, incluant le recours à des tirs à balles réelles sur des manifestants désarmés au sein de plus de 140 villes du pays. Selon des sources concordantes, plus de 12 000 personnes auraient déjà été tuées à la suite d’ordres directs émanant du comité de sécurité du régime, placé sous l’autorité de l’ayatollah Ali Khamenei. Il ne s’agit ni de combattants ni d’insurgés armés. Près de 90 % des victimes sont des civils : des femmes, des hommes ordinaires et, de façon particulièrement glaçante, des enfants âgés de 10 à 15 ans, tués sans sommation. Leur seul « crime » a été de réclamer la liberté, la dignité et la fin d’un régime oppressif. Cette violence délibérée contre une population désarmée révèle la nature réelle du pouvoir iranien : un régime qui ne gouverne plus, il exécute.
Privée de toute légitimité populaire, la République islamique est entrée dans une phase de survie autoritaire, où la peur, la force brute et la censure ont remplacé toute forme de contrat social. Longtemps soutenu par une mobilisation idéologique et religieuse, le régime des mollahs ne se maintient désormais que par l’appareil sécuritaire et la violence d’État. Chaque manifestation est traitée comme une guerre intérieure.
De plus, un seuil extrêmement grave a récemment été franchi. Selon plusieurs sources, des milices chiites irakiennes alliées de Téhéran auraient été introduites sur le territoire iranien pour participer directement à la répression. Ces groupes, utilisés depuis des années pour projeter l’influence iranienne à l’extérieur, seraient désormais employés contre la population iranienne elle-même. Le régime avoue ainsi sa défiance envers ses propres forces et son choix assumé d’une violence importée pour se maintenir.
Parallèlement, le pays a été plongé dans un blackout informationnel quasi total. Internet est massivement coupé, les réseaux mobiles paralysés, les communications restreintes. L’Iran est volontairement placé sous « écran noir ». Ce silence imposé est une arme stratégique : il empêche les Iraniens de témoigner, de documenter les crimes, d’alerter le monde et d’appeler à l’aide. Il protège les bourreaux et condamne les victimes à l’oubli.
Cette coupure plonge également des millions d’Iraniens de la diaspora dans une angoisse insupportable, privés de toute nouvelle de leurs proches. L’isolement n’est pas un dommage collatéral : c’est une méthode de domination.
La rupture entre l’État et la société iranienne est désormais totale et irréversible. Une population jeune, éduquée, urbanisée et connectée ne se reconnaît plus dans un pouvoir figé, idéologique et incapable de répondre aux aspirations économiques, sociales et culturelles du pays. Gouverner durablement contre sa société est une illusion historique. Aucun régime n’y survit sans sombrer dans une violence toujours plus extrême.
Les fragilités internes s’accumulent : crise économique chronique, inflation massive, corruption endémique, sanctions, fuite des élites, effondrement du contrat social et incertitude explosive autour de la succession du Guide suprême. En refusant toute réforme structurelle, le pouvoir ne fait que repousser l’inévitable, au prix d’un bain de sang croissant.
Les conséquences dépassent largement les frontières iraniennes. Un régime acculé, affaibli et imprévisible peut être tenté d’exporter ses tensions internes par des escalades régionales, des actions asymétriques ou des démonstrations de force. La répression interne et l’agressivité externe sont les deux faces d’un même déclin autoritaire.
Face à cela, le silence ou les réactions timorées sont moralement et politiquement indéfendables. Si certaines prises de position internationales – notamment celles de l’Allemagne, de la Finlande ou de la Suède – montrent qu’une réaction ferme est possible, la réponse française reste dramatiquement insuffisante. Une simple déclaration sur les réseaux sociaux ne saurait tenir lieu de politique étrangère.
La France, qui se revendique patrie des droits de l’Homme, doit agir. Condamner clairement le régime islamique, soutenir le peuple iranien, user de son poids diplomatique, promouvoir des sanctions ciblées et porter ces crimes sur la scène internationale ne sont pas des options : ce sont des devoirs. Se taire aujourd’hui, c’est être complice.
L’histoire des régimes autoritaires est claire : lorsque la peur devient le seul langage du pouvoir, la fin du cycle est déjà engagée. L’Iran est entré dans cette phase. La seule inconnue n’est plus l’issue, mais combien de vies encore le régime sacrifiera avant de s’effondrer.


